Management package : le guide des dirigeants et investisseurs

Management package : le guide des dirigeants et investisseurs
Feloux Avocats
23 Sep 2026
15 min

Les management packages occupent une place centrale dans les opérations de LBO et de private equity. Ils permettent aux salariés et dirigeants de participer à la création de valeur aux côtés des investisseurs financiers, au moyen d’actions ordinaires, d’actions de préférence, de BSA, de BSPCE, de stock-options ou d’actions gratuites.

La fiscalité des management packages est encadrée par l’article 163 bis H du CGI, instauré en 2025 puis modifié par la loi de finances pour 2026. Lorsqu’un gain est acquis en contrepartie des fonctions exercées, seule une fraction plafonnée peut relever du régime des plus-values ; le surplus est imposé selon les règles des traitements et salaires.

L’analyse d’un management package ne peut donc pas se limiter au pourcentage de capital attribué. Elle suppose d’examiner le prix d’entrée, les droits attachés aux titres, le risque de perte, les clauses de départ et la répartition du prix de cession. Cet article présente les principaux instruments, leur mise en place, leur régime fiscal et les risques à anticiper.

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L’essentiel à retenir sur le management package

  • Un management package associe des managers à la création de valeur au moyen d’actions, de BSA, de BSPCE, de stock-options, d’actions gratuites ou d’autres titres donnant accès au capital.
  • Lorsqu’un gain est acquis en contrepartie des fonctions, seule une fraction plafonnée peut relever du régime des plus-values. Le surplus est imposé selon les règles des traitements et salaires.
  • Un avocat d’affaires vous aide à examiner la valorisation, les risques, les clauses de good leaver et de bad leaver et la fiscalité, avant toute souscription.

Management package : quel intérêt pour les dirigeants et investisseurs ?

Le management package désigne un ensemble de mécanismes juridiques et financiers destinés à associer les dirigeants, cadres-clés ou salariés à la performance financière d’une entreprise.

Dans une opération de LBO, les managers investissent généralement dans la holding de reprise, directement ou par l’intermédiaire d’une société de managers. Leur gain dépend alors de la valeur créée entre l’entrée des investisseurs financiers et leur sortie.

Le dispositif poursuit plusieurs objectifs. Il permet de fidéliser l’équipe dirigeante, d’aligner ses intérêts sur ceux des actionnaires et de l’intéresser à la réussite du business plan. Il organise également les conséquences d’une sous-performance, d’un départ anticipé ou d’une cession de l’entreprise.

Il ne s’agit donc pas d’une simple prime différée. Le manager devient actionnaire ou titulaire d’un instrument donnant accès au capital. Selon la structuration retenue, il peut perdre tout ou partie de son investissement.

Actions, BSPCE, BSA : quels instruments composent le package ?

La mise en place d’un management package peut reposer sur plusieurs instruments. 

Les instruments d’un management package
InstrumentMécanismePrincipal intérêtPoint de vigilance
Actions ordinaires Souscription ou acquisition directe Exposition immédiate à la valeur de l’entreprise Prix d’entrée, dilution et rang dans la waterfall
Actions de préférence Droits financiers ou politiques spécifiques Ratchet, conversion ou rendement aménagé Valorisation, clauses statutaires et articulation avec le pacte
BSA Droit de souscrire des actions pendant une période déterminée Souplesse des conditions d’exercice Prix du bon, prix d’exercice et absence de liquidité
BSPCE Droit de souscrire des actions à un prix fixé lors de l’attribution du bon Intéressement adapté aux sociétés éligibles Conditions de l’article 163 bis G du CGI
Stock-options Option d’achat ou de souscription d’actions Participation à la hausse de valeur Calendrier de levée et distinction des différents gains
Actions gratuites Attribution d’actions sans prix de souscription Fidélisation progressive des bénéficiaires Période d’acquisition, plafonds et gain d’acquisition

Les bons de souscription de parts de créateur d’entreprise, ou BSPCE, ne sont donc pas synonymes de management package. Leur émission et leur attribution répondent aux conditions spécifiques de l’article 163 bis G du CGI, tenant notamment à la société émettrice et aux bénéficiaires éligibles.

Dans les LBO, les actions de préférence et le sweet equity sont courants. Dans un schéma de sweet equity, le management souscrit principalement des titres de capital, tandis que les investisseurs financent également l’opération au moyen d’instruments de dette ou prioritaires. À investissement équivalent, le management bénéficie ainsi d’une exposition plus importante à la création de valeur.

Le potentiel de gain du management augmente en cas de succès. Sa sensibilité aux valeurs de cession et à l’ordre de remboursement des différents instruments augmente également.

Comment structurer et mettre en place un management package ?

La structuration commence par une modélisation de plusieurs scénarios : sous-performance, réalisation du business plan et surperformance. Elle doit faire apparaître l’effet de la dette, la dilution, les droits prioritaires des investisseurs financiers et la part de valeur effectivement attribuée au management.

Une participation de 5 % au capital peut ainsi produire des résultats très différents selon la catégorie des titres, les préférences de liquidation ou les mécanismes de ratchet.

Le modèle est ensuite traduit dans les statuts, les décisions sociales et le pacte d’actionnaires. La documentation doit organiser les conditions de souscription, les droits financiers, les critères de performance, les mécanismes de liquidité et les conséquences du départ du manager, notamment au titre des clauses de good leaver et de bad leaver.

Valeur de sortie : comment calculer le gain du manager ?

Le pourcentage de capital détenu ne correspond pas nécessairement au pourcentage du prix de cession perçu.

Dans un LBO, la dette nette est déduite du prix d’entreprise afin de déterminer la valeur des capitaux propres. La waterfall, ou cascade de répartition, distribue ensuite cette valeur entre les différentes catégories de titres.

Les obligations, avances d’actionnaires ou préférences de liquidation peuvent être remboursées avant les actions ordinaires. À l’inverse, un ratchet peut reluer les managers lorsque certains seuils de rendement sont atteints.

Exemple simplifié de management package

Prenons l’exemple d’un manager qui investit 100 000 € et détient 5 % des actions ordinaires. Lors de la cession, la valeur des capitaux propres s’élève à 20 millions d’euros.

Si 5 millions d’euros sont attribués prioritairement aux investisseurs et si les 5 % détenus par le manager s’appliquent à la valeur résiduelle, seuls 15 millions d’euros restent à répartir entre les actions ordinaires. La quote-part du manager s’élève alors à 750 000 €, soit un gain économique de 650 000 € avant fiscalité.

Le gain net doit donc être calculé à partir des droits effectivement attachés aux titres, et non du seul pourcentage de capital.

Fiscalité 2026 : comment le gain est-il imposé ?

Le régime prévu par l’article 163 bis H du CGI

Lorsqu’un gain sur titres est acquis en contrepartie des fonctions de salarié ou de dirigeant, l’article 163 bis H du CGI prévoit par principe son imposition selon les règles des traitements et salaires. La qualification dépend des conditions du package : critères de performance, clause de bad leaver, engagements liés aux fonctions, ratchet ou mécanisme de sweet equity. La seule détention de titres par un dirigeant ne suffit donc pas.

Une fraction du gain peut néanmoins relever du régime des plus-values. La limite correspond, de manière simplifiée, à la valeur réelle des titres lors de leur acquisition ou de leur souscription, multipliée par trois fois le ratio de performance financière de la société, puis diminuée de cette même valeur d’entrée.

Pour les titres ordinaires, ce régime suppose notamment un risque de perte du prix investi et une détention d’au moins deux ans. Pour les titres issus d’actions gratuites, de stock-options ou de BSPCE, un risque de perte de valeur doit exister à leur date d’acquisition ou de souscription.

À défaut de risque de perte ou, pour les titres concernés, de respect de la durée minimale de détention, le gain ne bénéficie pas de cette limite et relève des traitements et salaires.

Quelle imposition au-delà du plafond ?

La fraction située dans la limite du plafond relève du régime des plus-values mobilières. Le surplus est imposé selon les règles des traitements et salaires et supporte une contribution salariale libératoire de 10 %.

Les gains d’acquisition ou d’exercice propres aux actions gratuites, aux stock-options et aux BSPCE conservent toutefois leur régime fiscal spécifique. Le gain de cession ultérieur peut, en revanche, relever de l’article 163 bis H lorsqu’il est acquis en contrepartie des fonctions exercées.

Valorisation, départ, liquidité : quels risques pour le manager ?

Le premier risque tient à la valorisation. Un prix de souscription insuffisamment documenté peut révéler un avantage accordé en raison des fonctions.

Les restrictions de liquidité, les actions de préférence, les droits asymétriques et les conditions de conversion doivent être intégrés à cette valorisation. Un prix apparemment faible n’est pas nécessairement injustifié, mais il doit pouvoir être rapproché des droits et risques attachés aux titres.

Le deuxième risque concerne les clauses contractuelles. Un gain entièrement conditionné au maintien des fonctions, une promesse garantissant l’investissement ou une absence réelle d’exposition à la baisse peuvent rapprocher le package d’un mécanisme de rémunération.

Le troisième risque apparaît lors du départ du manager. Une clause de bad leaver peut imposer une cession décotée, y compris lorsque l’entreprise a progressé. Son champ d’application, son prix et sa procédure de mise en œuvre doivent être précisément définis.

Conclusion

Un management package est donc à la fois un investissement, un outil d’intéressement et un mécanisme de gouvernance. 

La négociation ne doit pas se limiter au pourcentage de capital ou au scénario de sortie présenté. Elle suppose d’analyser la valorisation, le risque de perte, la waterfall, les clauses de départ et la qualification du gain.

L’accompagnement d’un avocat d’affaires permet de rapprocher la documentation juridique du modèle financier, d’identifier les scénarios défavorables et de sécuriser la mise en place comme la sortie du management package.

Sources

  • Article 163 bis H du Code général des impôts, version en vigueur depuis le 21 février 2026.
  • Article 24 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026.
  • BOI-RSA-ES-20-60 relatif au régime fiscal des management packages, publié le 23 juillet 2025.
  • Article L. 137-42 du Code de la sécurité sociale relatif à la contribution salariale de 10 %.
  • Article 157 du CGI et articles L. 221-30 à L. 221-32 du Code monétaire et financier relatifs au PEA.
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